une vente aux enchères d’objets nazis annulée

une vente aux enchères d'objets nazis annulée



Une dizaine de casques de la Waffen-SS, de nombreux ceinturons à tête de mort, des médailles et fanions avec des croix gammées, un drapeau de la Milice… Une trentaine d’objets emblématiques du IIIème Reich, qui devaient être vendus aux enchères à Blois (Loir-et-Cher) le 16 janvier, ont été retirés de la vente, a appris l’AFP samedi 9 janvier auprès de la maison de vente organisatrice.
« Nous avons retiré ces objets de la vente même si la loi nous y autorise », a indiqué l’étude blésoise Pousse-Cornet, organisatrice d’une vente « militaria », précisant que les insignes à l’effigie du régime nazi avaient été masquées sur le catalogue de vente, conformément à la loi.
Une vente aux enchères d’objets nazis prévue vendredi 8 à Albi (Tarn) et une autre prévue ce samedi à Soisson (Aisne) ont également été annulées.

« Il y a eu trois ventes de ce type la semaine dernière », souligne un lanceur d’alerte qui se fait appeler Axel et traque toutes les ventes aux enchères d’objets nazis. Captures d’écran à l’appui, ce juriste reproche à l’étude blésoise de ne pas avoir masqué toutes les insignes, rappelant qu’on « peut détenir et vendre ces objets, mais pas les exhiber ». « Il y a une poussée de la vente de ce type d’objets néfastes et une forte demande de prétendus collectionneurs », selon ce lanceur d’alerte qui juge cela « intolérable » et cite en guise d’exemple la vente d’une veste d’Adolf Hitler pour 275 000 euros il y a quelques années en Allemagne, ou d’une boîte de Zyklon B.
Interrogé par l’AFP, l’historien et avocat Serge Klarsfled, qui collabore avec le juriste pour empêcher ces ventes, explique ne pas avoir d’objection à la vente d’objets militaires qui viennent de l’armée régulière allemande. « Mais l’exposition publique, notamment par internet, de symboles nazis tels que l’emblème SS ou la croix gammée, doit être réservée aux musées sérieux », souligne-t-il, ajoutant qu’il y a « malheureusement une fascination pour une période où l’Europe voulait diriger le monde à travers l’Allemagne et qui s’exprime ensuite dans les profanations de cimetières. La grande masse des gens qui achètent sont des personnes fascinées par le nazisme et l’achat de ces emblèmes ne peut que les renforcer dans une idéologie qui a été criminelle », met-il en garde.



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